Site généré par IA : les 6 pièges juridiques et techniques

Générer un site avec l’IA est devenu simple. Le mettre en ligne sans exposer votre activité l’est moins. Voici les six points sur lesquels nous voyons le plus d’erreurs — tous réparables, à condition de les connaître avant la publication.

1. Des mentions légales génériques

C’est le premier réflexe d’une IA : produire un bloc de mentions légales plausible. Il est souvent inadapté à votre statut juridique, parfois calqué sur un droit étranger, et il omet régulièrement l’hébergeur, le numéro d’immatriculation ou le directeur de la publication. Reprenez ce bloc ligne par ligne avec vos informations réelles.

2. Une politique de confidentialité qui ne correspond pas au site

Le texte généré décrit un traitement de données théorique. Or ce qui compte, c’est ce que votre site collecte réellement : formulaire de contact, mesure d’audience, prise de rendez-vous, newsletter. Un document qui décrit autre chose que la réalité ne vous protège pas — il documente l’écart.

3. Des traceurs actifs sans recueil de consentement

Le piège le plus fréquent, et le seul qui comporte un risque de sanction. Si vous installez une solution de mesure d’audience qui dépose des cookies non exemptés, le consentement doit être recueilli avant leur dépôt. Un bandeau décoratif qui ne bloque rien ne remplit pas cette obligation.

4. Un contenu interchangeable

Deux concurrents utilisant le même outil obtiennent des textes très proches. Pour un moteur de recherche, une page qui n’apporte rien d’original n’a aucune raison d’être classée devant une autre. Le problème n’est pas la « détection de l’IA », c’est l’absence d’information propre : vos prix, vos délais, vos cas, vos photos.

5. Une accessibilité traitée au hasard

Contrastes insuffisants, images sans texte alternatif, navigation impossible au clavier, formulaires sans étiquettes. Les générateurs traitent ces points de manière très inégale. Au-delà des obligations qui s’appliquent à certains acteurs, c’est une part de vos visiteurs que vous perdez sans le voir.

6. Un site dont vous n’êtes propriétaire

Selon l’outil, vous repartez avec un export complet… ou avec rien. Vérifiez avant de construire : puis-je exporter mes contenus ? puis-je héberger ailleurs ? le nom de domaine est-il à mon nom ? Cette dernière question est la plus importante des trois, et la plus souvent négligée.

La bonne façon de procéder

Laissez l’IA produire la structure et les premiers textes. Reprenez ensuite, dans cet ordre : les faits, les obligations légales, l’accessibilité, puis le référencement. Ce sont les quatre relectures qui transforment une maquette en site professionnel.

Nous abordons chacun de ces points en formation, sur votre propre site : voir créer un site WordPress avec l’IA, et notre article sur ce que l’IA fait vraiment.

Cet article donne des repères généraux et ne constitue pas un conseil juridique. Pour une situation particulière, rapprochez-vous d’un professionnel du droit.